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« Click and flash » : derrière l'objectif du photographe Ange Cy 

20 mai 2021 | écrit par Kiara Payet Descombes

Fixé sur sa pellicule, le photographe lyonnais Ange Cy capture les souvenirs les plus authentiques : les fêtes entre amis, les attitudes que seules nous connaissons, la vie nocturne et la scène rap underground. Maître du « click and flash », nous avons eu l'opportunité de le rencontrer pour en savoir un peu plus sur sa vision esthétique des arts visuels. 

L'artiste ne se limite pas à la photographie. Il s'exprime sur de multiples projets notamment via de courtes vidéos ou des covers comme celle de Mussy. Il capture les moments de vie avec une envie de simplicité et de spontanéité singulière en associant tout ce qu'il aime : portrait, musique et argentique. « Je ne me limite pas à la photo je pense qu'un photographe est toujours amené à la vidéo et à créer de nouveaux visuels », nous dit-il.

 

Son compte Instagram professionnel : Pdawginit Studio a été créé spécialement en vue de partager les projets et futures photos à venir. Pour l'instant encore en construction, on peut déjà apercevoir de belles compositions. « 'Pdawginit' signifie se débrouiller par soi-même », explique Ange. Le nom n'est pas choisi par hasard, il représente la manière d'être du photographe  : autodidacte et indépendant.

Pour Ange, sa relation à l'argentique est une manière de consommer la photographie différemment.

Son travail sur pellicules, initié depuis bientôt cinq ans, est l'une de ses marques de fabrique. En effet, il y a quelques années l'argentique était encore laissé à la génération précédente. Après avoir touché un peu au numérique, il comprend vite que ce n'est pas son médium, qu'il ne conçoit pas la photographie de cette manière et décide  d'emprunter l'appareil argentique familial. Pour lui, l'argentique permet de capter l'instant et d'obtenir une photo plus durable dans le temps. C'est une approche différente de la photo : « Tu ne sais pas ce que tu as pris : c'est le charme de l'argentique. Il faut juste oser et ne pas avoir peur d'une photo ratée. J’ai fait le choix de l’argentique car ça simplifie le processus lors des shootings, les photos sont toujours bien exposées, les photos semblent authentiques, je n'ai pas besoin de retoucher les photos... Je n’ai qu'à me soucier de shooter. »

crédits photos : Ange Cy

Depuis quelques années, la mode de l'argentique commence à envahir les feeds Instagram de la jeune génération. Un drôle de paradoxe dans une société dominée par l'instantané et le numérique. Nous avons demandé à Ange ce qu'il en pensait. 

« Ça commence à bien se développer, les jeunes adorent le truc, tout le monde adhère au concept, au visuel et à l'esthétique qui l'entoure. Même si au début, j'étais un peu en mode puriste et je ne voulais pas que les choses se démocratisent, il y a des bons côtés à ce que ce soit comme ça. On voit plein de jeunes qui font des choses sympas. Cela amène un peu de fraîcheur, de nouveauté, des points de vue et des esthétiques différentes. C'est une sorte de renouveau, l'argentique n'est plus seulement utilisé à des buts de mémoire mais de manière plus technique et artistique. Comme si on était à la recherche de cette authenticité perdue », nous dit-il. 

« En ce qui me concerne, je préfère capter le moment naturellement. Je n'aime pas spécialement quand les gens posent. Le but c'est d'être discret pour capturer les gens dans leur élan de vérité, de ce qui fait leur personnalité. Pour le côté technique, je joue avec un Minolta compact et ma pellicule favorite est clairement la Kodak Gold pour les couleurs. Ce qui est important dans mon travail et dans mes choix de collaboration c'est la posture des gens : loyauté, simplicité et authenticité. Ceux qui ne se donne pas un style, c'est un point essentiel pour moi lorsque je travaille avec quelqu'un. C'est pour ça que les principales personnes avec qui je crée sont aussi des amis. » 

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« Cet photo est le résumé de la spontanéité. Le passage d'Azur dans le fond n'était pas calculé. Au final cette composition est l'une de mes préférées. »

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​« Celle-ci est caractérisée par cette lumière directionnelle, le regard accentué par le grain et ce fond vert. La photo est vraiment percutante grâce au regard et à la posture. » 

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En effet, les photographies d'Ange sont des micro-fragments de visions, de rencontres, de son environnement et finissent par s'agglomérer et composer l'essence de ses photos. Mais alors quels sont les micro-fragments qui composent Ange Cy ? La musique est clairement une des influences majeures de son travail, le cœur de son univers. La musique gravite autour de lui grâce à des interludes utilisées pour ses vidéos. « C'est ce qui met du grain dans un album, c'est là qu'on voit le coeur de l'album et le réel message », ajoute t-il. 

Un autre fragment d'inspiration pour l'artiste est sans doute la réalisation de Lonewolf un réalisateur américain. « Il utilise l'éditing et la colorimétrie d'une manière tout à fait incroyable ». Dave free est quant à lui aussi une source d'inspiration pour le montage de ses clips vidéos avec une esthétique plus graphique, neutre dans les couleurs et nettement moins éditée. Ces clips, comme pour « Baby Keem », sont vraiment un exemple pour l'artiste. L'artiste nous cite également Bleu Nuit TV, une boîte de production qui tourne au 35 mm avec un esthétisme des plans et un grain incomparable et Swim the dog un Parisien qu'il faut absolument suivre.

Pour la vidéo, l'artiste travaille sur numérique et utilise un Sony A7. Ange possède un style hybride bien à lui qui mixe différentes influences. Grâce à un processus d'édition et de sound design, il arrive à obtenir un résultat très graphique et old school. Sur ses vidéos, il y a une part assez importante d'éditing et d'harmonie. Pour Ange ce n'est pas pertinent de mettre des effets à chaque seconde. « En ce qui concerne le paysage lyonnais, ce serait bien de voir des clips plus travaillés avec des vrais partis pris et des identités visuelles différentes en fonction des artistes. Je pense qu'un clip est une œuvre à part entière dans un projet. Il faut que cela soit vu comme tel et travaillé à sa juste valeur. Il y a tellement de choses pour illustrer les morceaux (...) ». 

À défaut de capturer l'instant présent, Ange Cy se concentre sur le développement professionnel de Pdawginit et la réalisation de vidéo d'artistes lyonnais pour son collectif SUKI

Vous pouvez retrouver Ange Cy sur Instagram.

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