Irko : « Les plateformes de streaming, c'est la restauration rapide du rap »

INTERVIEW

8 avril 2020 | écrit par Lola Mison 

Nous avons rencontré Irko, jeune rappeur lyonnais de 20 ans originaire d'Albanie, pour discuter de son parcours, de son label et de sa vision du rap d'aujourd'hui.

Qui es-tu ?

" Je m’appelle Irko, j’ai 20 ans, je suis né le 1er février 2000 à Tirana en Albanie et je fais du rap. J’ai écrit mon premier texte il y a 5 ans à peu près, et là ça fait 2 ans que j’en fais vraiment, plus professionnellement on va dire, que je suis à fond dedans." 

 

Raconte nous tes débuts dans le rap !

 

“J’ai commencé la musique en 2015, j’avais 15 ans. À l’époque j’avais pas une grosse culture musicale; j’écoutais Lacrim, Sadek, Gradur, je crois que c’était les débuts de Ninho aussi. J’écoutais aussi plein de gars qui faisaient des rimes hyper simples, avec du vocabulaire hyper classique tu vois, mais qui faisaient des scores de fou; je me disais ‘mais moi aussi je peux le faire !’, donc c’est comme ça que j’ai fais mon premier son. J’ai commencé à rapper avec un pote à moi, on rappait pendant les heures de trous, sur des instrus à 1M de vues prises sur YouTube, derrière les bâtiments de l’école. Et à l’époque il y avait pas autant de monde qu’aujourd’hui qui rappait, du coup ça avait vite fait le tour des amis, des amis des amis, le lycée, et tout. J’avais fait pas mal de vues mais musicalement c’était pas encore ça (rires). Après j’ai un peu abandonné la musique, j’ai du faire 2-3 sons sans même les sortir. J’ai repris en 2018, je m’étais acheté un peu de matos du coup, je me débrouillais tout seul, j’enregistrais chez moi, je mixais mes sons et je les sortais sur YouTube.”

« Pour l'instant je travaille titre par titre, clip par clip, petit à petit. J'ai pas encore prévu de faire une tape. »

J’ai vu que tu n’avais jamais sorti d’EP, il y en a un en route peut être ?

 

“J'avais déjà sorti un EP sur Soundcloud au tout début, quand j’arrivais à Lyon, je commençais tout juste à trouver ma voie on va dire, mais niveau qualité sonore et qualité des textes c’était pas encore ça… Ils étaient bien hein ! Mais j’ai vite vu que je pouvais faire dix fois mieux, alors cette tape est passée en privé très très vite ! Et du coup pour l’instant je travaille titre par titre, clip par clip, petit à petit. J’ai pas encore prévu de faire une tape. Ça m’est venu à l’idée il y a pas longtemps, mais en soit j’ai pas une fan base assez grosse pour qu’une tape soit vraiment intéressante pour moi. Je fais pas encore mes 10k sur chaque son, c’est encore trop tôt pour moi de faire une tape je pense. Mais bien sûr, vu comme c’est parti, vu comme les gens qui commencent à kiffer mon travail, ça me donne envie de faire ce genre de projet.”

Tu es chez le label LQ Records, comment s’est passé votre rencontre ?

 

“Mon grand cousin connaissait des mecs qui avaient monté un label, LQ Records, et ils leur avaient fait écouter ce que je faisais. Quelques temps après, ils m’ont appelé pour qu’on se rencontre. Je suis allé les voir au studio, ça a matché direct et donc c’était parti j’ai commencé à travailler avec eux. Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que c’était des gens hyper pros, ils font tout au maximum, pas juste parce qu’il faut le faire tu vois. J’ai fait quelques sons avec eux et puis avec le temps j’ai vraiment intégré l’équipe donc aujourd’hui LQ c’est moi aussi, je suis quasiment tous les jours au stud, j’ai les clés, tout ça ! D'ailleurs, chez LQ on a un Cyril ! C’est un magicien ! Tout le monde voudrait travailler avec Cyril ! Moi j’ai la chance de le faire, donc jusqu’au bout je travaillerai avec la même équipe.”

Tes prods sont souvent réalisées par Amnezzia, comment s’est faite la connexion ?

“Quand je suis arrivé à Lyon, j’ai commencé à prendre en compte ce que faisaient les gens là-bas, en termes de rap.

Et à ce moment là, Sky, l’ingé son de LQ Records, s’était inscrit en parallèle dans une école d’ingé son sur Lyon et c’est là-bas qu’il a rencontré Amnezzia. Ils ont commencé à taffer un petit peu ensemble, etc, et très vite il m’a présenté.

Du coup je suis allé chez lui, on a fait quelques sons, c'était énervé et puis j’ai vite vu qu’il était hyper fort dans ce qu’il faisait. Lui aussi aimait bien travailler avec moi, et petit à petit c’est devenu le producteur principal avec qui je travaille aujourd’hui. À chaque fois il arrive à me surprendre, et il me propose toujours des prods de qualité, donc même si je travaille avec d’autres beatmakers qui ont commencé à taffer chez LQ entre temps, Amne ça reste le principal avec lequel je collabore. Et en plus, depuis que je kick sur ses prods, quand j’en écoute d’autres sur internet ou qu’on m’envoie je trouve que c’est jamais au même niveau.”

Quels sont tes artistes de référence ? 

 

“J’ai quelques influences, mais elles changent très souvent en vrai. Pour les principales, j’aime beaucoup 50 Cent, Future, Gunna, Ski Mask, Comethazine, qui fait à chaque fois des sons assez surprenants, et des tracks très courtes, ça c’est super cool ! J’aime bien aussi toute la nouvelle génération; Lil Loaded, Lil Gotit…"

 

Tu n'écoutes pas du tout de rap français ?

 

“Non en ce moment j’écoute presque que des américains. J’écoute aussi les français pour me tenir au courant de ce qu’il se passe quoi, mais ça me surprend beaucoup moins, je prend aucun plaisir. En canadien, j’aime bien Jeune Loup et Enima.”

Et juste avant tu dis que tu kiffes quand les sons sont courts, comment ça ?

 

“Bah je trouve qu'aujourd'hui on écoute plus les sons de la même manière. Avant, à l’époque où on écoutait encore des CDs par exemple, t’écoutes un CD, tu le prends, tu le ranges dans une boîte, t’en sors un autre, tu le mets dans le lecteur, t’appuies sur la piste que tu veux… ça met déjà bien 30 secondes, c’est long. Donc il fallait qu’une fois le CD dans le lecteur, le son dure longtemps, pour pas que t’ais à changer ton CD toutes les deux minutes. Aujourd’hui, en un click je lance un son, je le passe, bam j’en prends un autre, etc ! J’ai la flemme d’écouter un morceau de 5 minutes ! J’écoute 2 minutes, comme Comethazine fait et j’ai compris ton délire tu vois ! Son album, t’as 10 titres de 2 minutes chacuns  en 20 minutes t’as plié l’album. On consomme la musique beaucoup plus vite aujourd’hui, un son c’est une idée maintenant, c’est plus un truc développé. Avant fallait aller en studio, il y en avait pas beaucoup, tu sortais un CD, fallait vendre ton CD… Aujourd’hui avec les plateformes de streaming, le public a énormément de proposition, il prend plus la peine d’écouter des albums d’une heure. C’est la restauration rapide du rap.

« Aujourd'hui avec les plateformes de streaming, le public a énormément de proposition, il prend plus la peine d'écouter des albums d'une heure. C'est la restauration rapide du rap. »

Ce que tu dis globalement c’est que t’as pas envie de te donner la peine de réaliser un gros projet pour que les gens écoutent la moitié quoi ?

 

“Exactement, c’est ça. Je préfère faire un projet plus court, et en balancer plus souvent que faire attendre le public 2 ans avec un projet de 24 titres, ça s'essouffle au bout d’un moment, les gens t’attendent même plus.”

 

Tu fais quoi pendant ce confinement ? 

 

“Je suis confiné au studio, je mange, je dors, je me lave, je fais du son… C’est la belle vie ! Je fais mes cours par internet aussi. On va dire que j’ai de la chance, je suis pas confiné en plein centre ville, j’ai de l’espace. Et à savoir que je suis confiné toute la journée dans un studio et que j’ai pas encore fait un son qui s’appelle “Coronavirus Freestyle”, je prévois pas de faire une tape Quarantaine, donc à un moment faut que vous arrêtiez vos conneries (rires) !” 

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