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James Loup  : punchlines sur bobine

12 mai 2021 | écrit par Kiara Payet Descombes

Une bobine, une histoire et une échappée en voiture, c'est ce que nous propose James Loup, un rappeur lyonnais. Nous avons discuté avec lui à l'occasion de la sortie de son deuxième EP « Bobine Vol.1 » disponible ce vendredi 14 mai. Il nous propose au travers de sa musique un univers complet et authentique, appuyé par des goûts affirmés et une véritable persévérance artistique.  

Quelques mots pour décrire ton univers musical ? Comment es-tu arrivé à la musique et la création de ton propre studio ?

Authentique, déconnecté et indépendant sont des mots qui résument bien l'univers dans lequel j'évolue. Il est important pour moi de transmettre quelque chose de vrai, qui reflète des expériences vécues et qui ne dépendent que de moi.

J'ai commencé avec un ami qui faisait de la musique. On ne pouvait pas spécialement se payer un studio et on préférait rester indépendant. Même si maintenant je me tourne de temps en temps vers des studios pour mixer et masteriser, cela reste cher. Avec Navy, on avait le désir d'avoir un lieu de création. On est parti de rien et on a réussi à avoir un local. C’est important pour tout musicien d'avoir un endroit pour créer.

 

C’est un petit local en rez-de-chaussée, qui s'appelle « Impulsion » avec un studio et en haut un lieu de vie. Je vois cet endroit comme une chance, ça me permet d'être plus professionnel et indépendant. Ce studio nous permet d'inviter des gens à venir bosser sur des résidences de 2/3 jours sans forcément avoir une pression financière. S’il y a une affinité artistique avec une personne, on peut lui proposer de travailler et de se développer le temps qu'il faut. Ce lieu est multi-usages. Il y a un tatoueur appelé Mugino et Facets, une marque de vêtements. Plusieurs univers se côtoient et se nourrissent ensemble. C'est en ce sens que je le vois comme un endroit de création, je me retrouve à 300 % dans ce lieu.

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Qu’est-ce que tu aimes le plus dans le processus création d’un projet ?

Musicalement, j'aime partir d'un truc imprévu, instinctif, spontané. En tant que créateur, le but ultime, c'est de réussir à capter un vécu, un moment, un mood le plus authentique possible sans chercher à ce que cela fonctionne, c'est ça que j'aime le plus dans le processus musical. C'est une véritable drogue pour moi dans mes clips de m'imaginer des choses presque infaisables et me donner les moyens de le faire. Quand j'ai une idée, j'aime aller au bout. Par exemple, dans le dernier clip « C’est toi qui vois » je voulais avoir un plan-séquence, avec une poursuite de la police, un accident de voiture, un braquage et on a réussi à le mettre en place. C'est une réelle satisfaction de me challenger à illustrer mes idées. Cela me donne encore plus de force, d'aller encore plus loin : c'est beau quand ça se réalise. 

Tes meilleurs souvenirs dans la création de tous ces sons ? 

Tu es plutôt studio ou tournage ?

Chaque clip est un meilleur souvenir. À chaque fois c'est une histoire dans une histoire. Sortir le son et les statistiques c'est secondaire. La première réussite se fait en exclusivité. Le vrai souvenir, c'est le moment vécu, les interactions avec les gens. « Toc Toc », c'est mon meilleur souvenir de clip parce que de A à Z on l’a fait de manière spontanée et on s'est amusé. Même l'esprit du son est complètement marginal. 

Je faisais de la vidéo avant de faire de la musique alors je crois que je suis plus à l'aise en tournage, j’ai plus de notion et d'expérience en plateau qu'en studio, même si ça fait cinq ans que je fais de la musique. La musique c'est magique mais c'est plus excitant pour moi de faire des clips, parce que c'est quelque chose d'abouti. 

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Le visuel est-il important pour toi dans tes créations ? Parle-nous de la place des clips pour toi dans la musique et principalement dans ta musique? 

Inconsciemment, j'ai voulu donner toutes ses chances à ma musique en mettant le visuel à son service pour créer un parallèle et des choses qui font écho entre elles. Le clip offre une double lecture. Il y a un morceau, un clip et un mélange des deux. Ma réflexion est en train de changer concernant cette illustration vidéographique, car j’ai envie de clipper quasiment à chaque fois. Cependant, je pense que parfois la musique doit faire son chemin. C'est sympa d'avoir une identité visuelle mais il y a des clips que les gens se font mille fois mieux dans leur tête. Il faut laisser une part de liberté et garder ce mystère de découverte, d'interprétation de la musique, sans que les gens écoutent avec les yeux.

Comment as-tu des idées de clip ? Et comment choisis- tu les gens avec qui tu travailles ?

En général, si le clip est sorti c'est qu'il y avait une idée qui est venue de manière fluide, je n’ai pas envie de forcer le processus. Plus c'est léger, plus y a un sens. Pour les clips de manière générale, j'écris tout moi-même, je réalise aussi. Mais je reste ouvert au débat sur les plans, la narration. L'idée du clip vient souvent quand j'écoute le morceau fini. Chaque tournage, il y a des gens vraiment motivés et qui se mettent à fond dans le projet, ça fait plaisir. C'est que des bonnes rencontres.

Quand j'ai commencé à faire confiance, je suis passé de l'autre côté de la caméra. Je me conditionne pour le rôle, comme c'est moi qui l’écris. Et puis j'ai une idée assez précise de ce que je veux faire et du résultat. Je suis à l'aise, parce que je sais qui je dois être derrière la caméra et je m'y prépare.

Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ? Tes dernières découvertes musicales ?

Le dernier album "Private Club” de Jazzy Bazz, Esso Luxueux et Edge sinon je reviens un peu à Ichon et à SCH mais aussi à Damso avec le dernier album et puis Primero que j'écoute toujours énormément. Sur les artistes purement Lyonnais que j'écoute et qui m'inspirent aussi dans mon travail il y a Navy bien sûr, mais aussi Egzagone, Bushi, Dairbon, Aurel, Frs Taga, Von Goc, Arizone et Sherkhan. Au niveau clip, Marty % et Amax sont clairement les plus gros clippeur Lyonnais.

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Qu’est-ce que tu aimes dans le rap ?

Pour moi, c'est le meilleur moyen de faire passer des choses. C'est un peu une thérapie sur soi-même, cela permet de comprendre des choses en écrivant. Ma vision ce n’est pas de faire de la performance pour de la performance, mais c'est tout le temps de faire mieux, s'améliorer et toucher le plus de gens possible. C’est vraiment ce qui me plaît, je pourrais encore vivre 10 ans comme ça.

Qu’est-ce que tu penses de la scène musicale lyonnaise ?

Je pense que dans deux ans Lyon va être reconnue pour autre chose que Lyonzon. Respect à eux, ils ont réussi à faire leur place et je pense que ça va amener les gens à fouiller plus sur ce qui se passe réellement à Lyon. Mais, il a d'autres types de musiques qui méritent d'être plus écoutés et un autre public à combler. 

Que penses-tu de ton public Lyonnais ?

Pour l'instant, c'est un peu flou. Je sais qu'il y a des gens qui me suivent, partagent et adhèrent au projet mais c'est encore beaucoup des statistiques, des gens sur insta que je ne peux pas voir et puis les écrans c'est trop froid. Cela ne me permet pas de montrer l'intégralité de ma musique. Les freestyles sur insta mon permis de toucher un public plus large et pas forcément de Lyon donc ça fait plaisir. J'ai envie que les gens donnent leur avis, de les rencontrer, de vivre des choses en live, pour voir les gens transpirer devant moi et vivre le moment en transmettant de l'énergie. J'ai aussi envie de faire passer des choses vraies, autre qu'un clip ou un morceau. Ce n’est pas pour rien que la musique est faite pour être partagée en live. Mais cet aspect viendra sûrement un peu plus tard...

Ta dernière claque visuelle ?

Le clip du morceau Jiezey de Navy réalisé par Marty%, l'ambiance est folle et sublime le son. Au niveau film « The Chaser » un film coréen du réalisateur Na Hong-jin qui m'a mis une claque esthétique autant au niveau de la lumière que dans la symétrie de l'image, c'est parfait. Après je suis fan des grosses productions technicolor américaines des années 70 dans le grain, comme avec le réalisateur Tony Scott notamment le film True Romance ou encore le film de Michel Gondry, « Soyez sympas rembobinez ». C'est un cinéma plus bricolé dans ses décors alors qu'il pourrait faire autrement mais il fait ce choix artistique. Tout ce qui est film de série B, ce côté « grosses voitures » et dialogue un peu bidons. J'aime bien sans réellement savoir pourquoi.

Comment vois-tu le futur ? Quelques mots sur ton EP?

Cette EP c'est la suite logique de ma progression. Cela faisait un moment que je voulais le sortir et je le représente à fond et j’en suis trop fier. Il s'appelle "Bobine Vol.1" en référence aux bobines de cinéma. Ce sera vingt minutes à écouter d’une traite, il a été conçu dans cette perspective afin d'être écouté comme un voyage sonore, comme une bobine. Il a vraiment été créé avec une cohérence, c’est pour cela qu’il sera accompagné d'un mini film d'une minute de fiction pour apporter une dose visuelle. Je souhaite que les gens voient ce teaser comme un prisme à travers lequel ils doivent passer pour écouter l'EP. C'est comme une clé de réflexion pour l'écoute du projet, tout est construit pour qu'il y ait un fils rouge à suivre. Pour les projets à plus long terme, j'ai envie de sortir un album mais je ne veux pas trop anticiper. 

Pour écouter Bobine Vol. 1 

Vous pouvez retrouver James Loup sur Instagram, Youtube & Spotify.

mentions légales | yoshka.lyon@gmail.com 

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