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Lison Sound : Du rock au hip-hop

INTERVIEW DE Lison, chanteuse hip-hop lyonnaise

3 juin 2020 | écrit par Lola Mison

Du rock au hip-hop, ou encore de la musique au dessin, Lison possède une réelle polyvalence artistique et trouve toujours de nouveaux moyens de s’exprimer. Ayant passé de nombreuses années dans un groupe de rock, c’est il y a une année maintenant que Lison s’est lancée dans le hip-hop. Encore très peu mise en avant dans la sphère médiatique, nous sommes allées à sa rencontre pour discuter avec elle se son parcours. ​

Salut Lison, peux-tu te présenter ?

 

« Yo moi c’est Lison, dans la vie professionnelle je suis illustratrice, mais à côté j’ai toujours fait de la musique, pendant des années. J’ai commencé très tôt à jouer du piano et à l’âge de 9 ans j’ai intégré un groupe de rock. J’en ai fait pendant très longtemps et puis on s’est séparés en 2016. Et là ça fait déjà 1 an que j’ai eu pour projet de changer de registre et de me lancer dans le hip-hop. Ça fait bien longtemps que ce projet me trotte dans la tête; d’arrêter la scène rock pour me lancer dans quelque chose d’innovant, toute seule. J’en avais besoin je pense. Et du coup voilà, ça se passe toute seule, j’enregistre dans ma chambre sur l’iPad et on se débrouille quoi. »

crédits photos : Juliette Valero 

Pourquoi tu as choisi de te diriger vers le hip-hop ?

 

« J’ai surtout grandi avec Avril Lavigne, c’est elle qui m’a donné envie de monter un groupe et de me lancer là-dedans. Mais à côté, j’avais plusieurs références musicales très différentes; d’un côté c’était vraiment le style emo / grunge et de l’autre côté c’était le r’n’b, surtout des gars comme Chris Brown, Usher et tant d’autres. Pendant toutes les années où j’étais avec mon groupe de rock, j’étais très très focus sur des références musicales telles que Panic! At The Disco, Fall Out Boy, Paramore, etc. Mais, j’avais une petite partie de moi qui était tiraillée par l’envie de faire quelque chose de différent, quelque chose qui se rapprochait de mes autres références musicales en fait. J’ai eu un gros déclic quand j’ai découvert le groupe Hollywood Undead qui a été classé franchement dans le top 3 de mes meilleurs artistes, qui eux arrivaient, un peu comme Linkin Park, à mélanger le rock et le hip-hop. Pareil pour un son de Hayley Williams, la chanteuse de Paramore, qui avait fait un feat avec B.O.B, j’avais été choqué du son parce que le mix rap / rock rendait vraiment bien. Et aujourd’hui, mon amour pour la scène rock, il s’est un peu estompé. J’ai pas rayé ça de ma vie, mais j’ai vraiment envie de me focus sur autre chose. »

Raconte nous comment tu as commencé le hip-hop

 

« La première chose que j’ai faite c’était de faire des reprises d’artistes que j’appréciais. Du coup je refaisais la prod sur l’iPad, et après je m’enregistrais. La prod n’a jamais vraiment été la même que l’originale parce qu’en général t’as pas les mêmes bails, les mêmes percus et tout, donc j’adaptais un peu. Et vu que je faisais tout sur Garage Band sur iPad c’était très ghetto; j’ai pas de vrai mix, pas de vrai master donc c’est très brut. Après je postais ça sur ma chaine Youtube et Soundcloud. »

 

Quel est ton lien avec Kasa Nostra ? 

 

« Quelques temps après, j’ai rencontré Elois du studio Kasa Nostra à Lyon, avec qui j’ai eu un très très bon feeling et il s’est proposé de m’aider. Du coup depuis ce jour là c’est lui qui est au mix et master de tous les sons que j’ai sortis sur les plateformes depuis la 1ère mixtape.

De fil en aiguille, j’ai agrandi mon cercle de connaissances, ça m’a permis de rencontrer des beatmakers avec qui je me suis mise à travailler juste après comme le producteur High Teig, avec qui j’ai sorti un single qui s’appelle Muddy Skirts et avec qui j’ai bossé tout l’EP qui sort le 5 juin.

J’ai rencontré aussi Taemintekken avec qui j’ai prévu de faire quelques projets par la suite. Et le 6ix aussi, avec qui je m’entends très bien. »

Qu’est ce que tu écoutes en ce moment ?

 

« Là ces derniers jours, l’album de Future, le dernier son de 6lack « ATL Freestyle », la dernière tape de Brown évidemment. Et aussi des projets full prod comme DJ Yung Vamp et Soudiere; l’album Vampirelli… On varie les plaisirs ! Et à côté de ça, pour illustrer mes journées j’écoute beaucoup de jazz des années 50-60; Benny Goodman, Miles Davis, Billy Holliday… »

J’ai remarqué que tu avais des influences très américaines, j’ai vu juste ?

 

« Oui complètement, je dirais que c’est 85% de mes influences. J’aime aussi beaucoup la scène anglaise, comme Skepta, Little Simz, Miraa May, j’aime beaucoup l’accent british. Je chante en anglais aussi. J’aime pas la langue française donc pour moi c’est pas concevable de chanter en français, j’ai essayé, mais non c’est mort. »

 

Tu as un avis sur la scène hip-hop française ? 


« J’ai écouté beaucoup de rap français pendant deux grosses années, en 2016-2017 il me semble, et puis un jour, je m’en suis lassée. Attention je parle pas des petits artistes, mais plutôt des gros que t’entends sur Skyrock. J’avais l’impression que c’était toujours la même chose; toujours la même vibe, les mêmes voix, les mêmes textes et je m’en suis désintéressée, j’avais envie de découvrir un truc nouveau. 

Après c’est mon avis hein, il y a plein de gens qui me répondront que c’est pas fondé ce que je dis, parce que tu peux calquer exactement le même discours en parlant de la scène américaine, clairement. Il y a plein de gens qui me répondront que tout se ressemble hein, que dans la trap maintenant, que ce soit de Travis Scott à Young Thug ou d’autres gars, bah que c’est toujours la même shit quoi. Après voilà tout ça c’est subjectif aussi, ça dépend de chacun. Moi je trouve que dans les gros acteurs de la scène rap française, certains se ressemblent beaucoup, et que les petits, essaient de faire émerger de nouvelles idées, de nouvelles choses… Eux justement, ils apportent quelque chose d’innovant.

Sinon les rappeurs que j’aimais beaucoup, que j’écoutais principalement et que je porte encore dans mon coeur, c’est Ninho, PNL, Dinos, Kobo… Et les tout premiers rappeurs français que j’ai écouté, c’était S-Crew, Doums, Nekfeu, TSR… la première chose qui m’a touché en plein coeur ça a été le rap conscient. » 

 

Tu es illustratrice aussi, ça te sert pour la création de tes visuels ? 

 

« Mes deux grosses passions depuis toute petite ça a été la musique et le dessin, et ça allait toujours de paire. Et en vrai je suis contente parce qu’aujourd’hui j’arrive à allier les deux en faisant ma musique, et au sein de ma musique, c’est moi qui me démène pour créer mes visuels et mes clips. Mais après à coté de ça j’ai quand même une activité professionnelle d’illustratrice qui est très différente de ce que je fais dans la musique. Ce que je veux dire par là c’est que je sens que j’ai de la chance d’avoir ces deux cordes à mon arc parce que du coup ça rend les choses plus pratiques. J’ai pas besoin de faire appel à un graphiste, je créée ma propre direction artistique. Et c’est plaisant parce que tu vas direct droit au but, tu passes pas par 150 mille chemins; je sais ce que je veux et je trace. »

C’est important pour toi de te débrouiller toute seule ? 

 

« Ouais, aujourd’hui c’est un peu mon leitmotiv de faire les bails solo. Après c’est sûr qu’il y a plein de choses pour lesquelles je dépends des autres, comme on disait tout à l’heure pour mixer, masteriser, les studios, les trucs. Mais en général c’est vrai que je vais rester dans cette mood de gérer les trucs moi-même. C’est pour ça que si un jour on me propose de rejoindre un label ou de prendre un peu le contrôle sur ce que je fais, il y a des trucs qui vont coincer. Après ça reste un choix à réfléchir mais voilà depuis le début j’ai toujours voulu faire toute seule et ça changera pas demain quoi. » 

 

Quels sont tes projets à venir ? 

 

« Oui, j’ai un EP sur lequel je travaille depuis janvier, j’ai vraiment hâte qu’il sorte ! C’est High Teig qui a fait les prods, il y a 6 titres dessus et il sort le 5 juin 2020. Ça va être un EP différent de la 1ère mixtape que j’ai sorti, différent des singles aussi. Ça va être beaucoup plus sucré, mais vous verrez vous verrez…! Pour chaque track, il y aura une petite vidéo que je réalise.  C’est peut être la seule contrainte du fait de gérer toute seule, c’est que du coup tu fais le taf d’une équipe tout seul, donc ça te bouffe ton temps et t’as plus le temps de faire autre chose. 

Et ensuite j’ai prévu de faire des sons avec Taemintekken et une autre grosse surprise mais je peux pas en parler pour le moment ! »

 

Qu’est ce que tu penses de la jeunesse lyonnaise ? 

 

« Je sais pas trop quoi te répondre. J’ai l’impression que je suis pas dans le truc, que je suis pas assez calée dans le sujet pour te répondre parce que la jeunesse lyonnaise en soit je la connais pas… Je suis pas du genre à aller dans des endroits où je la côtoie en fait. Mais en revanche, du peu que je vois, sur les réseaux, des choses qui se montrent etc, j’ai l’impression que les lyonnais se bougent pour créer des choses, les lyonnais se bougent pour innover, pour essayer de créer un gros réseau artistique quand même, ça c’est sur. Après, ça reste quand même un petit peu individualiste. Moi je sais que y’avait quand même pas mal de gens qui me disent « ouuuuais mais vous à Lyon, vous êtes grave dans votre del mais chacun de votre côté, il y a pas de vraie cohésion, de vraie entraide! », et peut être qu’ils ont raison je sais pas… Mais moi du peu que je vois j’ai l’impression qu’on se bouge quand même un peu pour faire émerger des nouvelles idées, des nouveaux trucs. Mais voilà moi ça fait que 1 an que je suis dans le milieu musical lyonnais, donc je connais pas encore trop. » 

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